Depuis le 15 janvier 2018 et après maintes ajournements, le Maroc a assoupli son régime de change indexé de manière constante par rapport à l’Euro (60%) et au Dollar américain (40%). Un ancrage justifié par la proportion de ses échanges commerciaux avec l’Europe et sa facture énergétique libellée en dollar US.
Cette mesure structurelle est préconisée par le FMI qui a dernièrement accordé au Maroc (dont la dette extérieure publique s’élevait à 316 milliards de dirhams à fin juin 2017), un prêt de 3,47 milliards de dollars (2016) dans le cadre d’une “ligne de précaution et de liquidité”.

Contexte

Alors qu’elle présente un risque de gonflement de l’inflation, cette mesure intervient à une période où l’économie marocaine présente des indicateurs au vert (bon niveau de réserves de change, déficit relativement maîtrisé, monnaie en ligne avec sa valeur réelle, inflation inférieure à 2%) ; et à la veille d’un probable choc de commodities que laisse présager le rapprochement du marché du pétrole à l’équilibre après une longue période d’offre excédentaire marquée par des conflits violents.

Le dirham est donc désormais autorisé à fluctuer de 2,5 % au-dessus ou en dessous d’un cours pivot contre seulement 0,3 % auparavant. Il ne s’agit en aucun cas d’une flottation du dirham marocain mais plutôt d’un assouplissement du mécanisme de change, prudent et sous contrôle des autorités financières qui se réservent le droit d’intervenir en cas de mouvements adverses sur le marché.

En marge d’une interview au sujet de l’accès au financement au Maroc et les clefs de succès d’une stratégie de développement dans le contexte volatil africain (à venir, inscrivez-vous à ma newsletter pour être prévenu de la publication), Ismail Douiri, directeur général d’attijariwafa bank est revenu sur les fondements et le rôle de cette réforme graduelle qu’a entrepris le Maroc.

Trois points à retenir de son intervention :
  1. Le changement du régime de change du dirham marocain s’inscrit dans un processus technique et progressif d’ajustement de la valeur du dirham permettant à l’économie de se prémunir de chocs exogènes et préserver les réserves de devises.
  2. Il est un non-évènement :  à la suite de la réforme, le marché des change est resté équilibré, “nous sommes restés dans l’ancienne bande”, ce qui atteste du bon pricing du dirham marocain.
  3. Le prix du dirham marocain doit rester déterminé par les fondamentaux de l’économie à l’abri de phénomènes de panique et de spéculation [sous-entendu, il n’aurait pas fallu attendre d’être obligé de libéraliser la monnaie en s’exposant à une situation comme celles vécues par l’Égypte, la Tunisie ou encore la Turquie]

Que pensez-vous de cette évolution du régime de change? Avez-vous saisi ses fondements? On me pose souvent des questions sur cette mesure dans les forums du MOOC “Entreprendre au Maroc” et lors de mes échanges avec l’audience de mon contenu à propos de l’environnement des affaires marocain. J’ai pensé profiter de l’interview avec M I. Douiri pour aborder la question.

Cet article vous a-t-il aidé à y voir plus clair? Partagez vos impressions dans les commentaires!

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Kenza is an entrepreneur, business coach and communication expert. She started her career as a Private Equity analyst and took the plunge of entrepreneurship back in 2011 when she founded an innovative beauty e-commerce and a beauty brand. From her experience, Kenza has a deep understanding of doing business in Morocco and South-North trade.

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